L’Art de bien manger marocain, quand la passion culinaire devient projet entrepreneurial

Étudiant-entrepreneur à Pépite Sorbonne Université, Ilyas Jabbari a lancé L’Art de bien manger marocain, un projet de chef à domicile inspiré de la gastronomie marocaine. À travers son parcours, il partage sa vision de l’entrepreneuriat, son attachement à la cuisine et l’accompagnement reçu au sein de Pépite.

Ilyas Jabbari est diplômé ingénieur de l’Université de Liège (Belgique) et passionné de cuisine. Il a lancé L’Art de bien manger marocain, un projet proposant des services de chef à domicile, notamment pour les entreprises.

Comment est né le projet L’Art de bien manger marocain ?

Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur, j’ai commencé à travailler comme professeur dans un lycée afin de financer mon projet de tour du monde. J’ai ensuite été traducteur dans une école de cuisine au Guatemala, puis chef dans une auberge au Mexique. À mon retour en Belgique, j’ai lancé un réseau social avec un ami qui a atteint jusqu’à 50 000 utilisateurs. Nous avons bénéficié d’un accompagnement par un incubateur en Belgique, Campus 19, affilié à l’École 42. Peu après, sur les conseils de cet ami, j’ai candidaté à l’École 42 de Paris et j’ai été admis.

Malheureusement, nous n’avons pas poursuivi le projet de réseau social pour diverses raisons. Cette expérience m’a néanmoins amené à me poser la question suivante : j’ai une fibre entrepreneuriale, pourquoi ne pas me lancer dans un nouveau projet ?

C’est alors qu’une rencontre fortuite dans le métro a été déterminante. Un monsieur m’a confié qu’il adorait la cuisine marocaine et m’a invité dans ses bureaux en venant avec dix clients. J’ai préparé un couscous qui a beaucoup plu. C’est lui qui m’a encouragé à me lancer dans la livraison de plats marocains.

Ce qui est passionnant dans l’entrepreneuriat, c’est d’être sans cesse confronté à l’inconnu et d’apprendre à s’y adapter.

Pourquoi la cuisine marocaine en particulier ?

Depuis tout petit, je vais régulièrement en vacances au Maroc et j’aime profondément la philosophie de la cuisine marocaine. Comme en France, la nourriture y occupe une place centrale. On mange tous ensemble, et les discussions importantes, voire les accords, se font souvent autour d’un repas.

Je suis également passionné par le mélange des épices. Je peux m’inspirer d’autres cuisines, d’Afrique ou d’Inde par exemple, mais le socle de mon travail reste le Maroc.

Pourquoi ce nom, L’Art de bien manger marocain ?

Ce nom est inspiré de l’écrivain et gastronome italien Pellegrino Artusi et de son livre La science en cuisine et l’art de bien manger, écrit à la fin du XIXe siècle. À l’époque, il estimait que l’Italie avait un potentiel gastronomique aussi fort que la France. Il a parcouru le pays pour rassembler un grand nombre de recettes dans cet ouvrage devenu une référence de la cuisine italienne.

Passionné par la cuisine, j’ai voulu m’inscrire dans cette philosophie et m’en inspirer pour mon projet. L’Art de bien manger marocain est ainsi à la fois un nom et une vision.

Le suivi de Pépite Sorbonne Université me permet de rester rigoureux et de garder l’énergie nécessaire pour faire avancer mon projet.

Comment évolue votre projet aujourd’hui ?

J’ai déjà plusieurs prestations, même si cela reste en deçà de mes attentes. Je travaille en parallèle dans un restaurant en tant que chef cuisinier un jour par semaine, ce qui constitue pour moi un véritable laboratoire d’expérimentation.

Contrairement à ce que j’avais initialement prévu, la majorité de mes prestations se font aujourd’hui pour des particuliers et non pour des entreprises. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je me fais accompagner par Pépite Sorbonne Université.

En 2023, vous avez obtenu le Statut National Étudiant-Entrepreneur chez Pépite Sorbonne Université. Que vous a apporté ce statut ?

Il me permet d’avoir un référent. Grâce à ma précédente start-up, j’avais déjà une première expérience de création d’entreprise, mais l’accompagnement dont je bénéficie chez Pépite Sorbonne Université me pousse à passer toutes les étapes.

Tu sais que tu dois faire du sport, mais ce n’est pas pour autant que tu le fais. En revanche, le fait d’avoir un coach qui te suit peut vraiment t’y inciter. Le suivi dont je bénéficie à Pépite, le fait de “rendre des comptes”, m’aide à rester rigoureux dans mon projet.

Je bénéficie également d’un réseau et de regards extérieurs de personnes qui connaissent l’entrepreneuriat et les défis que je traverse. Avoir plusieurs cerveaux qui suivent mon projet n’est pas négligeable.

Je trouve aussi l’environnement extrêmement stimulant et apaisant à la fois. Il y a le réseau, l’accompagnement, mais ce qui est pour moi le plus important, c’est l’énergie. Des difficultés, on en rencontre forcément. La vraie question est de savoir comment les surmonter, et je trouve que Pépite Sorbonne Université me redonne constamment cette énergie. C’est peut-être d’ailleurs ce manque d’énergie qui avait contribué à l’arrêt de mon projet initial.

Quelles sont vos perspectives d’évolution ?

À court terme, mon objectif est d’augmenter le nombre de prestations mensuelles. Mais la réflexion est encore en cours. J’ai notamment pris contact avec une entreprise qui emploie des mamans et des personnes ayant une expertise culinaire peu valorisée, et cette idée me parle beaucoup.

Pourquoi ne pas évoluer vers un modèle plus social ? Pourquoi ne pas aussi me concentrer sur l’écriture d’un livre, pour en faire un ouvrage de référence sur l’art de bien manger marocain en rassemblant différentes recettes ? Ou encore ouvrir un restaurant marocain avec cette notion de partage où l’on mange dans un même plat ?

Je pense également à élargir mon éventail de menus. Je suis rassuré sur ce point, car je me forme continuellement à travers mes voyages et mon travail en restaurant. À partir du moment où j’aurai davantage de clients satisfaits, il faudra aussi réfléchir à ce que je peux déléguer, comme la création de contenus, car je suis peu actif sur les réseaux sociaux. J’envisage également de proposer des services traiteur pour de plus grands événements, par exemple pour une centaine de personnes.

Un message pour les futurs étudiants-entrepreneurs ou ceux qui hésitent encore ?

Lancez-vous. Ce qui est passionnant dans l’entrepreneuriat, c’est que l’on est constamment confronté à l’inconnu. Surtout quand on est jeune, on peut tenter cette aventure. Même si le premier projet ne fonctionne pas, ce n’est pas grave. Lancez-vous !

Pépite Sorbonne Université est idéal pour le suivi, le réseau, la bienveillance des accompagnants et bien sûr le cadre de travail. On le dit souvent, mais quel que soit le projet, les problématiques de fond restent les mêmes : j’ai commencé avec une application, et je suis aujourd’hui chef à domicile.

Rédigé par Jean-Christian Gauze.