Musée Up’, connecter la culture à tous grâce au numérique
Étudiante-entrepreneure au D2E, Lucile Doiteau a cofondé Musée Up’, une plateforme digitale qui met en relation guides-conférenciers et publics afin de valoriser la médiation culturelle et contribuer à la sauvegarde du patrimoine français.
Lucile Doiteau est titulaire d’un master Usages du numérique, innovation et communication à l’Institut Français de Presse de l’Université Panthéon-Assas. Elle a cofondé la start-up Musée Up’, une plateforme digitale qui met en relation des guides-conférenciers et le public dans le but de contribuer à la sauvegarde du patrimoine culturel et artistique français. Aujourd’hui, Lucile suit le Diplôme Étudiant-Entrepreneur du CELSA Sorbonne Université afin de développer davantage son projet entrepreneurial.
Comment est né le projet Musée Up’ ?
Lorsque je suis arrivée en licence de lettres à l’Université Paris Cité en 2019, j’ai ressenti l’envie de porter un projet qui ait du sens. C’est de cette réflexion qu’est née l’idée de créer, avec mon associé, cette entreprise. Nous sommes partis de l’observation suivante : le tourisme représente près de 8 % du PIB français. Pourtant, nous avons remarqué un manque de propositions véritablement innovantes dans ce secteur, notamment en ce qui concerne la médiation culturelle.
Initialement, le projet était pensé pour les indépendants. Nous voulions leur apporter des solutions à leurs difficultés en matière de communication, de visibilité ou encore de rémunération.
Quoi qu’il en soit, l’objectif de notre projet est de rassembler les gens autour de la chose que nous partageons tous : la culture.
On apprend toujours quelque chose, même quand on se trompe, et c’est ce qui rend l’entrepreneuriat si formateur.
Pouvez-vous nous en dire davantage sur le projet en lui-même ?
Musée Up’ est une plateforme en ligne qui centralise des offres culturelles partout en France et propose, en parallèle, des guides-conférenciers pour accompagner ces expériences. Sur chaque réservation, une partie du montant est reversée à nos partenaires chargés de la restauration de monuments en péril.
On y trouve aussi bien des visites de musées, de châteaux ou de monuments menacés, que des escape games ou des jeux de piste. L’offre est suffisamment large pour convenir aussi bien aux adultes qu’aux enfants.
Par exemple, une personne souhaitant découvrir l’art aborigène au musée du Quai Branly peut renseigner ses critères sur la plateforme et se voir attribuer un guide-conférencier qui l’accompagnera lors de sa visite. Musée Up’ se positionne ainsi comme un véritable hub culturel, à la fois professionnel et qualitatif. Il est important de souligner que nous travaillons aussi bien en B2B qu’en B2C.
Après avoir réalisé une étude de marché, nous avons constaté qu’il existait une réelle opportunité pour notre projet. Il y a Airbnb pour réserver un logement, Doctolib pour consulter un médecin, mais jusqu’ici rien pour la culture. Musée Up’ arrive comme un acteur pionnier sur ce marché.
Pourquoi ce nom, Musée Up’ ?
Nous vivons dans une ville musée, je dirais même dans un pays musée. Lorsqu’on se promène dans Paris, l’art et la culture sont omniprésents. Ce n’est pas un hasard si Paris est l’une des villes les plus visitées au monde.
Le suffixe « up » apporte une dimension dynamique. Soyons honnêtes : les musées sont parfois perçus comme obsolètes, voire « vieux jeu ». « Up » renvoie aussi à « update », l’idée de mise à jour, et au fait que nous sommes une start-up.
Pépite Sorbonne Université m’a permis d’accéder à l’entrepreneuriat sans barrières financières ni sociales.
À quel stade en est votre projet aujourd’hui ?
Nous n’avons pas encore procédé au lancement officiel du site web, même si le trafic est déjà important. Le projet est néanmoins commercialisé et se développe correctement.
L’année dernière, nous avons bénéficié d’une présence médiatique très encourageante, notamment dans des émissions comme La Nuit des Musées sur Europe 1, Télématin sur France 2 ou encore sur BFM TV. Nous avons rapidement compris que ce type de médiatisation constituait une véritable opportunité, puisque ce sont des milliers de personnes qui nous voient ou nous écoutent.
Pour la petite anecdote, je me suis réveillée un matin avec des dizaines de messages sur mon téléphone sans comprendre ce qui se passait. J’ai appris par la suite que cet engouement faisait suite à mon passage à la télévision.
J’ai également passé un an à Station F et je viens d’être acceptée au Village by CA, un accélérateur d’innovation.
Vous avez intégré le Diplôme Étudiant-Entrepreneur du CELSA Sorbonne Université à la rentrée 2022. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Ce diplôme m’a offert une année supplémentaire au sein d’une université d’excellence. Sorbonne Université, à travers Pépite, propose aux étudiants d’être accompagnés dans leur projet entrepreneurial sans avoir à se ruiner.
Grâce à des dispositifs comme Pépite Sorbonne Université, le monde de l’entrepreneuriat n’est plus réservé aux seules écoles de commerce ou à des profils issus d’un certain milieu.
J’ai pu bénéficier de masterclasses de grande qualité, d’un accompagnement personnalisé et de conseils prodigués par des professionnels et experts de leurs domaines. J’apprécie particulièrement les retours d’expérience des accompagnants, le réseau et la bienveillance de Pépite Sorbonne Université.
Les mentors qui m’ont suivie connaissent bien le milieu des industries culturelles et ont su comprendre à la fois mon projet et ma personnalité. Pépite Sorbonne Université propose un accompagnement sur mesure, qui s’adapte aux besoins et aux difficultés de chaque étudiant.
Quelles sont vos perspectives d’évolution ?
Notre premier objectif est de couvrir l’ensemble du territoire français avec une offre diversifiée et accessible à tous. Nous envisageons également un développement à l’international, notamment en Suisse et en Belgique, où des structures nous ont déjà contactés.
À terme, pourquoi ne pas devenir la plateforme européenne de référence en matière de médiation culturelle ? Dans cette optique, nous souhaitons renforcer notre communication et accélérer notre développement technologique, notamment avec la création d’une application en complément du site actuel.
Nous menons également une levée de fonds auprès de business angels afin d’optimiser la plateforme, notamment en vue des prochains Jeux Olympiques.
Un message pour les futurs étudiants-entrepreneurs ou ceux qui hésitent encore ?
Foncez. Je ne m’imaginais absolument pas faire ce que je fais aujourd’hui. Et si vous commettez des erreurs, ce n’est pas grave : on apprend toujours quelque chose.
L’échec a longtemps été très mal perçu. Pourtant, lorsque je suis arrivée à Station F, on m’a demandé si Musée Up’ était ma première start-up. On m’a expliqué que c’était souvent au deuxième ou troisième projet que les entrepreneurs obtenaient des résultats vraiment probants.
Donc lancez-vous. Pépite Sorbonne Université est là pour vous rassurer, vous conseiller et vous accompagner.
Rédigé par Jean-Christian Gauze.